
Après huit années de travaux et 27 millions d’euros investis, la Halle aux Blés de Clermont-Ferrand retrouve la lumière. Transformée en nouvel écrin du Frac Auvergne, elle entend désormais dépasser le simple statut de lieu culturel pour devenir un marqueur de l’attractivité du territoire. (Photo GCI)
Il aura fallu attendre huit ans. Mais cette fois, les portes sont grandes ouvertes. Au cœur de Clermont-Ferrand, la Halle aux Blés, fermée depuis 1999, vient d’entamer sa nouvelle vie. Rachetée au Département du Puy-de-Dôme par la Région Auvergne-Rhône-Alpes en 2018, l’ancienne halle aux céréales accueille désormais le nouveau Frac Auvergne. Un projet hors norme, à la fois patrimonial, culturel et territorial, qui aura mobilisé 27 millions d’euros, dont 20,49 millions apportés par la Région (*).
Et le changement de dimension est spectaculaire. Le nouveau site en pierres de Volvic dispose de 1 850 m², dont plus de 900 m² d’espaces d’exposition, contre 350 m² auparavant dans l’ancien FRAC, rue du Terrail. Plus de 180 m² sont consacrés à la médiation. De quoi changer radicalement la capacité du lieu à accueillir artistes, expositions et visiteurs.
Mais il suffit de lever les yeux pour comprendre que la Halle aux Blés ne veut pas être un musée comme les autres. Volumes généreux, architecture patrimoniale, espace central culminant à 7 mètres de hauteur, belvédère avec vue à 360 degrés sur Clermont et les volcans : le bâtiment lui-même devient une expérience.
Le pari de la culture
Pour la Région, l’enjeu dépasse largement les cimaises et les œuvres. Le Frac doit contribuer à renforcer l’image de Clermont-Ferrand et, plus largement, celle de l’Auvergne. « La Halle aux Blés est un bâtiment magnifique, mais elle incarne aussi un véritable projet politique : investir dans la culture, préserver notre patrimoine et garantir l’équilibre entre nos territoires », souligne Fabrice Pannekoucke, président de la Région.
Derrière le discours culturel se dessine une stratégie d’attractivité mûrement réfléchie. Faire venir des visiteurs dans la capitale auvergnate, proposer une offre culturelle à la hauteur des grandes métropoles, attirer des publics extérieurs, mais aussi donner aux habitants accès à des œuvres et des artistes de premier plan.
« Il fallait donner à l’Auvergne et à Clermont un lieu extraordinaire. Lutter contre une culture à deux vitesses qui consisterait à tout donner à Paris et à ne rien proposer en Région », résume Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région. Une façon de rappeler que la culture peut aussi participer au rayonnement du territoire et à son économie.
La Région assume d’ailleurs cet investissement massif : 20,49 millions d’euros sur les 27 millions consacrés à l’opération. « Nous profitons que l’Auvergne est aujourd’hui dans une grande région qui nous offre des moyens que nous n’avions pas auparavant », poursuit la Région.
10 000 à 20 000 scolaires
Le Frac arrive surtout dans un quartier où les équipements culturels se répondent. La Halle aux Blés se trouve à proximité de La Jetée, du conservatoire, des musées Bargoin et Lecoq et de la Scène nationale. Et la future bibliothèque métropolitaine de l’Hôtel-Dieu viendra prochainement compléter cet ensemble.
Le Frac veut aussi élargir ses publics. L’objectif est de passer de 10 000 à 20 000 scolaires accueillis chaque année. Et surtout, de monter en puissance dans la programmation avec des expositions de « très grande envergure ». Une première est annoncée à l’automne 2027. Suspense…
Geneviève Colonna d’Istria
(*) Au total, 27 millions d’euros ont été consacrés à la rénovation complète de cet espace dédié à l’art moderne et contemporain par la Région et ses partenaires : Région Auvergne-Rhône-Alpes : 20 490 000 € ; État (DRAC) : 3 560 000 € ; FEDER (Europe) : 1 300 000 € ; Clermont Auvergne Métropole : 1 000 000 € ; Département du Puy-de-Dôme : 650 000 €.
« Les mues éternelles » : le Frac donne le ton
Pour son ouverture, le Frac Auvergne frappe fort avec « Les mues éternelles », une exposition réunissant les œuvres d’une cinquantaine d’artistes d’horizons différents. Parmi eux : Gerhard Richter, Simon Hantaï, Claire Tabouret, Luc Tuymans, Mimosa Echard, Kapwani Kiwanga ou encore Clément Cogitore.
Le parcours associe la collection du Frac Auvergne à celle de l’IAC – Frac Rhône-Alpes, avec notamment sept œuvres prêtées. Une création monumentale de l’artiste japonaise Makiko Furuichi investit également l’espace central de 7 mètres de hauteur de la Halle.
L’exposition est visible jusqu’au début de l’année 2027. La Région regarde déjà vers la suite, avec l’ambition d’accueillir à l’automne 2027 une exposition de « très grande envergure », autour d’une carte blanche à Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght.
GCI























