
L’équipementier automobile investit près de 9 millions d’euros en Haute-Loire pour produire dès 2027 des moteurs électriques destinés aux drones civils et militaires. (Photo ©Valeo).
À Sainte-Florine, les moteurs de Valéo vont prendre de la hauteur. Connue jusqu’à présent pour ses composants automobiles, l’usine de l’équipementier français, implanté en Haute-Loire, va se lancer dans la fabrication de moteurs électriques pour drones. Une diversification stratégique pour ce site industriel historique, qui entend mettre son savoir-faire au service de la souveraineté technologique française. Avec, à la clé, un investissement de près de 9 millions d’euros, soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
La nouvelle ligne de production est en cours d’installation. Après un premier contrat annoncé en juillet avec Harmattan AI, une entreprise française spécialisée dans les technologies de défense, la production doit démarrer début 2027.
Un virage stratégique
Pour Valeo, ce nouveau marché ne relève pas du grand saut dans l’inconnu. L’équipementier transpose aux drones des technologies développées pour l’automobile, en s’appuyant sur son expertise en électrification, en électronique et en mécanique. Le site de Sainte-Florine, qui fabrique déjà des sous-ensembles techniques associant ces compétences, dispose des savoir-faire nécessaires : assemblage, injection plastique et fabrication de cartes électroniques.
« Dans le cadre de notre stratégie “beyond auto”, nous avons combiné les briques technologiques de Valeo issues de l’automobile et notre empreinte industrielle française afin de proposer une première gamme de moteurs électriques souverains », explique Christophe Périllat, directeur du site auvergnat.
Autre atout de cette technologie, elle permet de concevoir des moteurs sans terres rares lourdes, des matériaux dont l’approvisionnement est stratégique et qui sont largement associés à la dépendance industrielle envers la Chine. Valeo entend ainsi sécuriser sa chaîne d’approvisionnement, avec des composants dont l’approvisionnement sera organisé à l’échelle européenne.
« Les applications visées concernent aussi bien les usages civils que la défense. Le contrat conclu avec Harmattan AI, start-up parisienne spécialisée dans les systèmes autonomes et liée à l’écosystème de la défense, constitue une première étape commerciale », précise Valeo. Un nouvel exemple de rapprochement entre les technologies automobiles et les besoins des industries de défense.
470 salariés
Pour le bassin industriel du Brivadois, l’enjeu est aussi celui de l’avenir d’un site fondé en 1964. L’usine emploie encore aujourd’hui environ 470 salariés et connaît un recul de son activité traditionnelle. « Une dizaine de collaborateurs doivent être formés à la fabrication de ces nouveaux moteurs. Une montée en compétences qui accompagne la transformation industrielle du site », ajoute l’équipementier.
L’investissement, porté majoritairement par Valeo, bénéficie toutefois du soutien financier de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment pour l’investissement industriel et la formation. « La souveraineté industrielle se construit par des actes. Avec Valeo, nous faisons le choix de produire en France, d’innover en Auvergne-Rhône-Alpes et de maîtriser nos technologies stratégiques », souligne Laurent Wauquiez, député de Haute-Loire et conseiller spécial à la Région.
L’usine de Sainte-Florine pourrait connaitre un nouvel envol.
Geneviève Colonna d’Istria
Valeo en bref
Valeo est un leader technologique mondial qui conçoit des solutions et systèmes innovants pour ses partenaires automobiles et technologiques. Le groupe est organisé autour de ses divisions POWER, BRAIN et LIGHT, et de Valeo Service qui propose des solutions pour l’après-vente et les nouvelles formes de mobilité. Le Groupe s’appuie sur son empreinte industrielle mondiale et son leadership technologique dans l’électrification, les systèmes avancés d’aide à la conduite, l’éclairage et les logiciels, pour capter une part croissante de la valeur par véhicule.
Valeo est coté à la Bourse de Paris.
-20,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025
– 100 000 employés dans le monde
– 29 pays
– 149 sites de production
– 59 centres de R&D









