
À Saint-Germain-Laprade, en Haute-Loire, une PME industrielle investit 2,6 millions d’euros pour doubler sa capacité et affirme son ambition malgré la conjoncture (© Velay Verres)
Dans son atelier flambant neuf de la zone d’activité de Saint-Germain-Laprade, les plateaux de verre de six mètres glissent désormais sous l’œil d’un robot. Pour Christophe Petavy, gérant de Velay Verres, le message est clair : « Il faut investir pendant la crise. Si on attend que ça reparte, il sera trop tard. »
Reprise en 2017, l’entreprise – née dans les années 60 sous le nom de Miroiterie Masse – a changé d’échelle en août 2020 en s’installant sur son nouveau site. Cinq ans plus tard, elle vient de doubler sa surface de production, passée de 1 500 à 3 000 m², pour atteindre 3 200 m² au total.
Une PME industrielle bien ancrée
« Quand je suis arrivé, on faisait un million d’euros de chiffre d’affaires. On est monté jusqu’à 3 millions. Aujourd’hui, on est à 2,5 millions avec 15 salariés », détaille le dirigeant, ancien expert-comptable reconverti dans l’industrie verrière.
Son marché ? Presque exclusivement des professionnels. Menuisiers bois, aluminium ou PVC, ferronniers… Velay Verres fabrique du vitrage isolant, découpe et assemble le verre sur mesure, polit miroirs et surfaces, réalise des verres pour garde-corps. Depuis 2019, l’entreprise intègre aussi des stores directement à l’intérieur des vitrages isolants.
Son terrain de jeu reste régional : de Clermont-Ferrand à Montbrison, jusqu’à Langogne. Un ancrage local assumé.
2,6 millions d’euros pour changer de dimension
Dans un contexte de ralentissement du secteur du bâtiment, le chef d’entreprise a fait le pari inverse de l’attentisme. Au total, 2,6 millions d’euros ont été investis : 1,1 million pour le foncier et les bâtiments, 1,5 million pour moderniser les équipements, avec le soutien de la Région à hauteur de 250 000 euros.
La transformation est visible. « Avant, les opérateurs manipulaient les grands plateaux avec des ponts roulants et des ventouses. Aujourd’hui, un robot alimente la ligne. On a gagné en sécurité et on coupe trois fois plus vite. »
L’automatisation ne signifie pas réduction d’effectifs. « On vise cinq embauches supplémentaires. L’objectif, c’est de passer rapidement à 20 salariés et de doubler le chiffre d’affaires d’ici trois ans. »
Résister aux poids lourds
Face à lui, des concurrents de 150 salariés, souvent filiales de grands groupes. Sa force ? La réactivité et la proximité. « Nos clients ont l’impression de parler à quelqu’un qui vit les mêmes contraintes qu’eux. On peut gérer les urgences. On décide vite. »
Dans un secteur où de nombreuses PME se font absorber, Christophe Petavy assume sa stratégie d’indépendance. « Si j’ai investi, c’est justement pour résister. Je suis convaincu qu’il y a encore de la place pour des entreprises comme la nôtre. »
Geneviève Colonna d’Istria









