
Plus de 20 millions d’euros investis et une extension du site : le groupe Lallemand mise gros sur son implantation cantalienne (Photo/Groupe Lallemand)
À Saint-Simon, aux portes d’Aurillac, la santé est plutôt bonne. Longtemps perçu comme rural et discret, le Cantal s’affirme aujourd’hui comme une terre d’innovation industrielle, notamment dans le domaine pharmaceutique. Avec un investissement compris entre 20 et 25 millions d’euros, le groupe canadien Lallemand ambitionne de transformer son site local en pilier européen de la production de probiotiques.
Une production déjà massive, bientôt renforcée
Un signal fort pour l’Auvergne, qui confirme sa capacité à attirer et ancrer des projets industriels de pointe. Ici, loin des grandes métropoles, plus de 80 millions d’unités de compléments alimentaires sortent déjà chaque année des lignes de production.
« L’objectif est de positionner durablement ce site comme un acteur clé du secteur pharmaceutique, en complément des activités actuelles dans les domaines des compléments alimentaires et de l’agroalimentaire. Cette initiative répond aux exigences croissantes de l’industrie et aux enjeux de santé de demain, notamment dans le développement des biothérapies vivantes de nouvelle génération », souligne Stephan Griffoulière Vice‑président des opérations.
Une performance qui va encore monter en puissance avec un virage stratégique : la fabrication de gélules directement sur place, une première en Europe pour le groupe.
« Avec les nouveaux équipements, Saint-Simon deviendra le premier site européen du groupe à produire des compléments alimentaires sous forme de gélules », précise le groupe Lallemand.
Un bâtiment de 6 000 m²
Pour accompagner cette montée en gamme, le site se dote de nouveaux moyens. Un bâtiment de 6 000 m² sera lancé dès septembre 2026 pour renforcer les fonctions administratives et logistiques. En parallèle, un nouvel atelier de formulation doit entrer en service.
Une modernisation globale qui inscrit le site dans une trajectoire industrielle de long terme.
Mais au-delà des infrastructures, c’est bien le positionnement technologique qui évolue. Les nouveaux équipements permettent désormais de produire des bactéries sensibles à l’oxygène, ouvrant la voie aux probiotiques de « nouvelle génération ».
Des produits à forte valeur ajoutée, au cœur des enjeux de santé préventive : digestion, stress, vieillissement ou performance sportive.
Un impact direct sur l’emploi local
Pour le territoire cantalien, les retombées sont immédiates. Le site, qui emploie aujourd’hui 120 salariés, prévoit l’arrivée d’une vingtaine de nouveaux collaborateurs.
Un levier d’attractivité supplémentaire pour un bassin d’emploi qui démontre qu’industrie et ruralité peuvent avancer ensemble.
Soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de ses politiques de relocalisation, ce projet illustre une tendance de fond : le retour de l’industrie dans les territoires.
À l’échelle mondiale, Lallemand, présent dans 45 pays avec une cinquantaine d’usines, fait désormais du Cantal un maillon stratégique de son développement.
Geneviève Colonna d’Istria









