
La liqueur de menthe de la distillerie auvergnate Genestine vient d’être sacrée meilleure du monde à Londres. Une reconnaissance internationale pour cette entreprise née il y a seulement cinq ans, qui mise sur l’artisanat et l’identité auvergnate. (Photo ©Genestine)
Quand Sébastien Jolivet reçoit l’appel annonçant que sa liqueur de menthe vient d’être élue meilleure du monde lors des World Drinks Awards à Londres, il mesure immédiatement la portée de la distinction. « C’est plus qu’une médaille. C’est une reconnaissance de toute la profession », résume le fondateur de Genestine.
D’autant que dans ce concours international, les dégustations sont réalisées à l’aveugle par des spécialistes des spiritueux. Pas de marketing, pas de packaging, pas d’histoire de marque : seul le contenu du verre compte. Pour l’entrepreneur installé à Orcines, au pied du puy de Dôme, cette distinction vient valider une aventure démarrée en 2021 avec une idée un peu folle : ressusciter la marque Genestine, autrefois emblème de la distillation française du XIXe siècle, disparue dans les années 1950.
« On est reparti de zéro. On a recréé les bouteilles, les recettes, les logos. Mais derrière une belle histoire, il fallait surtout de bons produits. Les secrets d’un bon produit, ce sont des mois et des mois de recherche pour trouver la recette parfaite », explique ce passionné.
L’Auvergne comme terrain de jeu
Chez Genestine, les recettes sont élaborées à partir d’ingrédients naturels et, lorsque cela est possible, locaux. « Je ne suis pas un ayatollah du local, parce qu’on ne fait pas pousser des mandarines en Auvergne. Mais quand on a de la verveine ou de la gentiane sous les pieds, on ne va pas les chercher ailleurs », sourit Sébastien Jolivet.
Cette philosophie séduit. En cinq ans, l’entreprise est passée de zéro à douze salariés. La production atteint désormais environ 80 000 bouteilles par an. « Il y a cinq ans, j’étais encore dans ma cuisine. Aujourd’hui, on est douze et on continue à recruter », raconte celui qui a longtemps travaillé dans la distribution de boissons avant de se lancer.
Loin de la grande distribution, Genestine privilégie les cavistes, cafés, hôtels et restaurants. Un choix assumé. « Les professionnels ont le choix de proposer des produits plus artisanaux, plus naturels, avec une histoire. »
Des caves médiévales sous Clermont aux ambitions internationales
L’aventure Genestine ne se limite pas à la production de liqueurs. Depuis peu, l’entreprise a ouvert ses portes au public. À Orcines, les visiteurs découvrent la distillerie. Mais l’expérience la plus insolite se trouve en plein cœur de Clermont-Ferrand. Sous les rues du centre-ville, à proximité de la cathédrale, la marque a aménagé ses chais d’élevage dans d’anciennes caves médiévales.
« C’est un musée à près de vingt mètres sous terre, consacré à l’histoire de Genestine et à toutes les reliques que nous avons retrouvées depuis 2021 », explique le dirigeant. Une offre de « spiritourisme » qui attire déjà curieux et amateurs de patrimoine.
La distinction mondiale devrait permettre d’accélérer le développement économique de l’entreprise. Déjà présente en Allemagne, en Italie, en Autriche, à Singapour ou encore en Thaïlande, Genestine réalise entre 5 et 10 % de son activité à l’export. « On voit déjà les effets de cette récompense. Les demandes arrivent de plusieurs pays », constate Sébastien Jolivet.
Son objectif est clair : atteindre les 200 000 bouteilles produites d’ici deux à trois ans.
Sans renier ses racines auvergnates. « On veut faire de Genestine une grande marque française. Mais tout est parti d’ici, et c’est aussi ce territoire que l’on fait rayonner à travers nos bouteilles. »
Geneviève Colonna d’Istria
PRATIQUE
Distillerie Genestine
📍 13 rue de Bel Air, Orcines (près du puy de Dôme)
📍 Caves et musée : 12 rue Terrasse, Clermont-Ferrand
🌐 www.genestine.fr
👥 Visites de la distillerie et des caves souterraines sur réservation
🍾 Production : environ 80 000 bouteilles par an
🏆 Liqueur de menthe élue meilleure du monde aux World Drinks Awards 2025.









