
(Photo ©Polimair)
Deux frères, une vision et du plastique recyclé : depuis Clermont-Ferrand, la startup Polimair bouscule les codes du mobilier design.
Dans l’univers souvent très parisien du design, ils font figure d’exception. Et ils comptent bien le rester. Avec Polimair, Léo et Arthur Gaudenz prouvent qu’on peut imaginer, produire et faire rayonner un design ambitieux depuis l’Auvergne. Leur crédo ? Allier esthétique, industrie et éco-conception, sans compromis.
À l’origine du projet, un constat simple. Architecte et designer, Arthur peine à trouver du mobilier à la fois beau, durable et fabriqué en France pour ses projets. Son frère Léo, issu du commerce, le rejoint rapidement. Ensemble, ils lancent Polimair il y a un peu plus de trois ans, avec une idée claire : créer des objets design en s’appuyant sur un écosystème industriel local.
Beluga : un premier succès qui lance la machine
Leur premier produit, la chaise Beluga, donne le ton. Fabriquée à partir de plastique recyclé et produite intégralement en région Auvergne-Rhône-Alpes, elle repose sur un modèle industriel exigeant. « On a voulu éviter les reprises manuelles et limiter la perte de matière, tout en étant capables de produire à grande échelle », analyse Léo.
Pari réussi : en à peine un an et demi, la chaise s’invite dans des lieux emblématiques et séduit des acteurs majeurs. Une reconnaissance qui dépasse déjà les frontières régionales et positionne Polimair comme un acteur crédible du design contemporain.
Mais Polimair ne compte pas s’arrêter là. La jeune pousse, hébergée au Villa by CA Centre France, vient de dévoiler un nouveau produit malin : un tabouret modulable, capable de s’assembler pour devenir étagère ou cloison. Une réponse ingénieuse à un usage souvent oublié du mobilier d’appoint.
« L’idée, c’est qu’un objet reste utile et esthétique même quand on ne l’utilise pas », résume le cofondateur. Un design pensé pour durer, mais aussi pour s’adapter aux modes de vie.
Des ambitions à la hauteur du projet
Côté chiffres, la trajectoire est prometteuse. En 2025, Polimair a recyclé 6 tonnes de plastique et franchi les 100 000 euros de chiffre d’affaires pour sa première année de commercialisation. Et l’ambition est déjà ailleurs : atteindre 40 tonnes de plastique recyclé d’ici trois ans et élargir rapidement la gamme avec plusieurs produits déjà dans les cartons.
Au-delà de la performance, c’est aussi sur l’impact que la start-up fait la différence. Avec un éco-score A et 55 % d’impact environnemental en moins que la moyenne du marché, Polimair s’impose comme un acteur crédible de l’éco-conception. Une double légitimité, à la fois dans le design et dans la transition écologique, encore rare dans le secteur.
Ancrée à Clermont-Ferrand pour sa logistique et fidèle à ses partenaires régionaux pour la production, Polimair incarne une nouvelle génération d’entreprises : locales par choix, mais globales par ambition.
« On voulait prouver qu’on pouvait faire du design de haut niveau depuis notre territoire », affirme Léo. Mission en bonne voie. Et si le futur du design parlait, lui aussi, avec un léger accent auvergnat ?
Geneviève Colonna d’Istria









