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Sous les projecteurs du circuit Daytona International Speedway (États-Unis), au milieu du vacarme des bolides lancés à pleine vitesse, Michelin vient de franchir un cap historique. Lors de la mythique Rolex 24, disputée les 24 et 25 janvier derniers, le manufacturier clermontois a engagé pour la première fois en compétition sa nouvelle génération de pneus Hypercar, intégrant 50 % de matériaux renouvelables et recyclés. Une première mondiale à ce niveau de performance.
Fabriqué à Clermont-Ferrand, pensé pour la planète
« La compétition est notre accélérateur d’innovation », résume Pierre Alves, directeur des programmes endurance de Michelin Motorsport. « On teste ici, dans les conditions les plus extrêmes, les technologies qui équiperont demain les pneus du grand public. »
Développé par les ingénieurs maison depuis près de trois ans à Clermont-Ferrand, ce pneu est un concentré de rupture technologique. « Dans ses 12 kilos de matière, Michelin a intégré du noir de carbone issu de pneus usagés, de l’acier recyclé, du plastique PET recyclé, mais aussi des composants biosourcés inattendus : résines issues d’épluchures d’agrumes, silice d’écorce de riz et caoutchouc naturel. Le tout sans sacrifier la performance », détaille Pierre Alves.
30 000 pneus par an produits à Cataroux
Produits à 30 000 exemplaires par an, ces pneus sont fabriqués à Cataroux, à Clermont-Ferrand, au cœur du pôle industriel et technologique de Michelin. « Nous devons être capables d’industrialiser ces matériaux durables à grande échelle. C’est ce qui rend l’exercice complexe… et passionnant », souligne Pierre Alves.
Cette première course floridienne n’est qu’une étape pour le leader mondial du pneumatique. Après Daytona, les pneus 2026 poursuivent leur tour du monde : Qatar en mars, puis Imola, Spa, Le Mans, avant le Brésil, le Japon et les États-Unis. Objectif : tester ce pneu dans des conditions extrêmes, de 10 à 45°C de température de piste, et collecter des volumes massifs de données. « Rien qu’aux 24 Heures du Mans, Michelin analysera plus de 150 000 kilomètres de roulage ».
Cap sur les pneus grand public
Et après la compétition ? Le transfert est déjà programmé. « Les premières applications vers les pneus tourisme sont attendues dans 3 à 4 ans », annonce Pierre Alves. Une étape clé dans la feuille de route du groupe, qui vise 40 % de matériaux durables pour l’ensemble de ses pneus dès 2030, puis 100 % en 2050.
« Chaque pourcentage gagné représente 31 000 tonnes de matériaux issus du recyclage. C’est considérable ! », insiste Bibendum, qui assure être « loin devant la concurrence » dans cette course mondiale à l’innovation durable.
Geneviève Colonna d’Istria









