
Avec plus de 522 000 nuitées en 2025, l’agglomération du Puy-en-Velay confirme l’explosion du tourisme en Haute-Loire et s’impose comme l’un des territoires nature les plus attractifs d’Auvergne (Photo ©Geneviève Colonna d’Istria)
La Haute-Loire n’a jamais eu autant le vent en poupe. En 2025, l’agglomération du Puy-en-Velay a franchi un cap historique avec 522 000 nuitées enregistrées, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024. Une progression spectaculaire si l’on regarde dans le rétroviseur : la fréquentation a été multipliée par 2,75 depuis 2019.
À elle seule, l’agglomération du Puy concentre désormais 55 % de toutes les nuitées touristiques du département. Une dynamique qui confirme l’attractivité grandissante du Velay auprès des visiteurs en quête de nature, d’itinérance et d’authenticité.
« On observe une vraie quête de ressourcement et de contact avec la nature. Le territoire répond parfaitement à ces attentes », décrypte Emmanuel Boyer, directeur de l’Office de tourisme du Puy-en-Velay.
L’effet randonnée et grands événements
Le succès repose en grande partie sur l’essor du tourisme itinérant. Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont le Puy-en-Velay est l’un des principaux points de départ en Europe, attire chaque année des milliers de marcheurs venus du monde entier.
À cela s’ajoutent des événements devenus incontournables, comme le Trail du Saint-Jacques ou les fêtes Renaissance du Roi de l’Oiseau, qui remplissent hôtels, gîtes et chambres d’hôtes pendant plusieurs jours.
Résultat : la saison touristique s’est considérablement allongée. « Il y a quinze ans, la saison se limitait à l’été. Aujourd’hui, elle s’étend d’avril à octobre », souligne Emmanuel Boyer.
Les plateformes dopent l’offre d’hébergement
Autre moteur de cette croissance : les plateformes de location touristique. En 2025, elles ont généré 112 578 réservations et 11,4 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour près de 220 000 nuitées, soit 42 % de la redevance de séjour.
Au-delà des chiffres, ce modèle contribue aussi à faire vivre le patrimoine local. Dans certains villages traversés par les itinéraires de randonnée, de nombreuses maisons ont été rénovées pour accueillir des visiteurs.
L’exemple le plus frappant se trouve à Saint-Privat-d’Allier, première étape du chemin de Saint-Jacques : le village compte 439 lits touristiques pour 390 habitants.
« C’est une dynamique vertueuse : elle redonne vie à des bâtiments qui auraient parfois été abandonnés et permet à des propriétaires de valoriser leur patrimoine », observe Emmanuel Boyer.
Un territoire nature de plus en plus recherché
Le Velay profite aussi de ses atouts naturels. Entre les gorges sauvages de l’Allier et de la Loire, ses volcans, ses vallées et son patrimoine médiéval, le territoire séduit un public en quête de tourisme plus durable et plus authentique.
Le label UNESCO du Puy-en-Velay et de la cathédrale Notre-Dame joue également un rôle d’aimant pour les visiteurs intéressés par l’histoire et le patrimoine.
Pour éviter la saturation et continuer à développer l’offre touristique, plusieurs projets sont déjà dans les cartons. L’office de tourisme travaille notamment au développement du chemin de Saint-Régis, un nouvel itinéraire reliant le Velay à l’Ardèche et à Saint-Bonnet-le-Froid.
D’autres axes sont aussi explorés : de nouveaux itinéraires de randonnée en amont du Puy, davantage de visites guidées thématiques, ou encore des expériences immersives comme des observations d’étoiles, des levers de soleil en montagne ou des dégustations autour du vin du Velay.
« L’idée est de proposer des séjours avec du sens, où l’on découvre un territoire en marchant, en rencontrant son histoire et ses paysages », résume Emmanuel Boyer.
Avec cette stratégie, la Haute-Loire entend bien transformer l’essai et s’imposer durablement comme l’une des destinations nature les plus dynamiques de France.
Geneviève Colonna d’Istria









