
L’entreprise auvergnate inaugure un nouveau site de 4 200 m² au Biopôle Clermont-Limagne. Un investissement de 10 M€ qui doit lui permettre d’augmenter de 150 % ses capacités de production et de poursuivre sa conquête des marchés mondiaux (Photo DR).
Il y a les médicaments que l’on connaît. Et puis il y a tout ce qui permet de les fabriquer. À Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme, Verdot travaille précisément sur cette partie invisible mais stratégique de l’industrie pharmaceutique. L’entreprise auvergnate vient de franchir un nouveau cap avec un investissement de 10 millions d’euros dans un nouveau site industriel de 4 200 m² au Biopôle Clermont-Limagne.
Inauguré le 15 septembre en présence de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ce nouveau siège et centre de production réunit désormais production, ingénierie, R&D et applications sur un même site. Un choix destiné à accompagner une croissance soutenue et à donner à Verdot les moyens de changer d’échelle.
Des équipements au cœur des biomédicaments
Mais que fabrique exactement Verdot ? L’entreprise, créée à Riom dans les années 1950, conçoit et fabrique des équipements utilisés lors de la dernière étape de production des biomédicaments. Leur rôle : purifier, séparer et concentrer les molécules qui serviront à fabriquer des médicaments biologiques, comme les anticorps monoclonaux, certains vaccins, les thérapies géniques ou encore les traitements à ARN messager.
Concrètement, Verdot fournit notamment des systèmes de chromatographie, des colonnes et des équipements de filtration tangentielle. Des technologies qui permettent de passer d’une biomolécule produite en laboratoire à un produit suffisamment pur pour entrer dans la fabrication d’un médicament.
Un marché en pleine accélération. Depuis une dizaine d’années, le marché du médicament progresse d’environ 8 % par an, tandis que Verdot affiche une croissance comprise entre 15 et 20 % sur la période. « Il y a trois ans, le marché de l’ARN messager n’existait pas », rappelait son PDG Charles Ruban pour illustrer la vitesse à laquelle les besoins évoluent.
L’entreprise auvergnate travaille aujourd’hui pour des acteurs de la biopharmacie, des biotech et des CDMO, avec des équipements exportés sur les grands marchés mondiaux. Sanofi, Pfizer ou encore Moderna figurent parmi ses clients. Une manière pour cette PME née à Riom de faire rayonner un savoir-faire industriel auvergnat bien au-delà du Massif central.
150 % de capacité supplémentaire
Le nouveau bâtiment doit surtout permettre à Verdot d’absorber cette croissance. Ses capacités de production devraient augmenter de 150 %. L’entreprise peut désormais regrouper ses différentes compétences sur un même site et accélérer la conception et la fabrication d’équipements, qu’ils soient standards ou conçus sur mesure.
Pour Charles Ruban, le nouveau site constitue une étape décisive : « Ce nouveau site donne à Verdot l’échelle industrielle et l’environnement technique nécessaires pour la prochaine étape de son développement », explique le PDG. L’objectif est aussi de réduire les délais de production pour répondre plus rapidement aux demandes des clients internationaux.
Cette montée en puissance aura un effet direct sur l’emploi local. Verdot prévoit jusqu’à 75 recrutements supplémentaires, avec des profils allant du chaudronnier au dessinateur industriel, en passant par les biologistes, électrotechniciens ou commerciaux. Les dernières communications de l’entreprise évoquent également une quarantaine de créations d’emplois à l’horizon 2030.
Le projet a été retenu dans le cadre de France 2030, au titre du programme consacré à l’industrialisation et aux capacités de santé. Un soutien qui illustre l’enjeu stratégique de cette activité : fabriquer en France les technologies nécessaires à la production des médicaments de demain.
Et Verdot veut le faire depuis l’Auvergne. Le bâtiment lui-même porte cette ambition industrielle : panneaux photovoltaïques, toiture végétalisée, récupération et réutilisation des eaux de pluie ont été intégrés au projet. « Made in France, for the entire world » : depuis Saint-Beauzire, Verdot entend ainsi conserver son ancrage auvergnat tout en accélérant son développement international.
✍️ Geneviève Colonna d’Istria









