
Perché à flanc de falaise, dominant la vallée de la Doire, Tournemire n’a jamais aussi bien porté son statut de « Plus Beaux Villages de France ». Depuis l’ouverture de La Borie d’Hélipse, un hôtel-spa 4 étoiles imaginé par Christelle et Michaël Boyer, ce petit joyau cantalien connaît un nouvel élan. Une aventure entrepreneuriale et humaine qui illustre parfaitement la capacité du territoire auvergnat à conjuguer tradition, innovation et attractivité. (Photo/DR)
À l’origine du projet, il y a une histoire de racines. « Tournemire, c’est mon village d’enfance. J’y ai grandi, j’y ai mes souvenirs, ma famille, mes attaches. J’avais envie de rendre quelque chose à ce territoire qui m’a tant apporté », confie Christelle Boyer. Cheffe d’entreprise à Massiac (Cantal) avec son mari, où ils dirigent depuis vingt ans une société de construction métallique de 65 salariés, le couple a souhaité investir localement, sans quitter l’Auvergne.
De la Petite Grange à La Borie d’Hélipse
Tout commence en 2021 avec l’ouverture de La Petite Grange, une table bistronomique installée dans une ancienne grange rénovée au cœur du village de Tournemire. Le succès est immédiat. Forts de cet élan, les Boyer lancent un projet plus ambitieux encore : La Borie d’Hélipse, inaugurée en avril 2024. Pensé comme une « maison de famille haut de gamme », l’établissement propose aujourd’hui 18 chambres élégantes, deux restaurants – dont la table gastronomique Le Puy Tilleul – et un vaste SPA espace bien-être de près de 1 000 m² avec piscine intérieure, sauna, hammam et soins.
L’architecture, elle, respecte scrupuleusement l’âme du site. « L’idée était de ne pas dénaturer le patrimoine local, mais de s’y inscrire naturellement », poursuit Christelle Boyer. Entourée d’artisans majoritairement cantaliens et accompagnée par un architecte local, la famille a privilégié les matériaux nobles et les codes traditionnels du bâti de la vallée.
Un effet boule de neige pour un village de 100 habitants
Au-delà de l’adresse confidentielle et raffinée, c’est tout un village qui bénéficie de cette dynamique. À Tournemire, qui compte à peine une centaine d’habitants, l’ouverture de La Petite Grange puis de La Borie d’Hélipse a enclenché un cercle vertueux. Un café-bar a rouvert, une boutique d’artisans s’est installée, et la fréquentation touristique progresse. « On sent que le village reprend vie. C’est notre plus belle récompense », sourit la cheffe d’entreprise.
Aujourd’hui, 25 salariés travaillent sur le site de Tournemire. La gestion quotidienne du complexe hôtelier est assurée par leur fils Thomas, renforçant encore la dimension familiale du projet.
Et l’histoire est loin d’être terminée. Dès cette année, une nouvelle étape verra le jour avec la création d’une salle de séminaire dans une grange en cours de restauration, ainsi que l’aménagement d’un jardin remarquable reliant les deux établissements. « Nous voulons faire de ce lieu un espace de rencontres, de travail et de détente, toujours en harmonie avec le paysage », annonce Christelle Boyer.
L’aventure à Tournemire continue.
Geneviève Colonna d’Istria









