" Il faut sauver les Intouchables ! ", c'est le message qu'est venue porter Madhumita Dutta, militante indienne, aux dirigeants de Michelin, hier à Clermont-Ferrand. Soutenue par la CGT, elle réclame l'arrêt de la construction de la toute dernière usine du groupe en Inde, sur la commune de Thervoy Kandigai, un bourg du Tamil Nadu, état du sud du pays.
Selon le syndicat, ce village compte environ 1.500 familles d'Intouchables qui vivent depuis toujours des pâturages et forêts avoisinantes. "Tel est leur territoire que Michelin s’apprête à détruire irrémédiablement avec cette usine. Non seulement la forêt, espace indispensable à la survie de cette population sans terre, est confisquée mais elle a déjà commencé à être détruite, risquant par la même de tarir les lacs approvisionnant les villages locaux en eau ", explique Madhumita Dutta.
La CGT assure également que " les villageois se battent seuls depuis deux ans, multiplient les actions, grèves de la faim. En retour, ils subissent les coups et la répression ". Une pétition pour empêcher l'implantation de cette usine a déjà recueilli plus de 35.000 signatures. Une délégation conduite par la porte-parole des Intouchables a été reçue, hier matin, au siège de la manufacture, par la direction qui réagit vivement.
"Allégations choquantes"
" Toutes les allégations sont fausses voire même choquantes ", assure le service communication du groupe. Michelin, qui n'est que locataire du terrain, conteste tout en bloc et préfère mettre en avant un investissement d'un milliard d'euros insistant sur le travail déjà effectué sur place. "Les équipes Michelin ont rencontré les représentants des villages. Nous avons déjà dépensé plus d'un million d'euros à l'amélioration des conditions de vie des villageois, réparé et remis l'électricité, installé une unité de biogaz, construit une clinique de l'œil pour soigner les gens, ainsi qu'une école... ", poursuit une porte-parole du groupe. Cette usine devrait à terme créer 1.500 emplois. " Nous savons déjà que les Intouchables, la caste la plus défavorisée en Inde, ne seront pas concernés par ces postes d'ingénieurs et de techniciens", poursuit Annie Thébaud-Mony, de l'association Henri Pézerat qui lutte contre les risques industriels et soutient ce combat. Ils n'ont rien demandé à personne !".
La construction de l'usine de Thervoy Kandigai, la seule du manufacturier en Inde, est déjà bien entamée. Destinée au marché indien des poids lourds et des bus, elle devrait commencer à produire ses premiers pneus à la fin 2012.
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La Nuit des musées : c'est pour samedi !
17 mai 2012

De Clermont à Cusset, de Moulins à Vichy, d'Aurillac au Puy-en-Velay ... Impossible d'échapper à la huitième édition de la Nuit des musées. L'Auvergne s'apprête à célébrer cet événement avec pléthore d'idées de sortie
Créée en 2005, la Nuit européenne des musées attire chaque année un public de plus en plus nombreux et mobilise un nombre toujours plus important de musées. Ce sont près de 3000 musées tous domaines représentés qui sont associés à cet événement dans une quarantaine de pays européens. La Ville de Clermont-Ferrand s’associe activement à cette manifestation permettant de découvrir la richesse et la diversité de ses musées.
L’événement débutera à partir de 19h au musée d’art Roger-Quilliot qui fermera ses portes à 23h. Le musée Bargoin et le musée Lecoq accueilleront le public de 20h à minuit. Au musée Lecoq, la visite sera rythmée par des concerts impromptus, des sons réinventés captés dans le milieu naturel. Le musée Bargoin n'est pas en reste. dans le cadre de la préparation du Festival International des Textiles Extra ordinaires et de l’exposition Les Métamorphoses, tricoteurs et tricoteuses commenceront à réaliser les pièces destinées à habiller les colonnes de la façade du musée en septembre prochain pour les Journées du patrimoine !
Pour savoir ce qui se passe près de chez vous consultez le programme sur http://nuitdesmusees.culture.fr
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L'ASM se met à la cryothérapie
16 mai 2012

Clermont en demi-finale ? C’est presque devenu "banal" depuis l’arrivée de Cotter aux commandes. Le technicien néo-zélandais s’apprête à disputer sa sixième demi-finale d’affilée ! Un carton plein qui explique la totale quiétude qui prévaut à trois semaines la demi-finale.
Un moment envisagé, la tenue d’un stage en extérieur a vite été abandonnée. « On est très bien ici », avance David Skrela, le seul dont la présence est encore incertaine depuis sa grosse béquille reçue en Coupe d’Europe. La H Cup, justement, les Auvergnats l’ont oubliée. « On est passés à autre chose. Maintenant, on veut le titre de champion de France », cible Wesley Fofana, étincelant (deux essais à la clé) le week-end dernier face à Brive (57-14).
Pour rééditer sa performance de 2010, Clermont pourra compter sur le retour de son pilier international, Thomas Domingo, qui a joué une heure face aux Corréziens. Un atout énorme de plus dans la manche de Cotter qui récupère aussi Bonnaire, Byrne, Hines. Que du lourd. Toute l’équipe a débuté depuis mardi, et pour quinze jours, un entraînement pas banal, à raison de deux séances de cryothérapie par jour ! Un plongeon dans l’azote liquide à – 130 ° qui doit effacer les toxines et fatigues d’une longue saison. Objectif : être au top début juin.
Pour réussir, Clermont n’a pas lésiné sur les moyens. Aller en Pologne, comme la plupart des équipes ? Trop compliqué. L’ASM a fait venir la seule unité mobile de ce type disponible en France. C’est en passant deux fois trois minutes par jour dans un gros camion stationné au stade Michelin que Clermont espère rouler vers son second Brennus !
Photo : Rougerie dans le bain de la cryothérapie avant le grand bain de la demi-finale ! (Crédit : ASM)
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Opération vérité pour les catholiques de l'Allier
15 mai 2012

500.000 € de déficit en 2015, diminution des fidèles de 40% à 50% dans les quinze ans à venir, et seulement 2,2% de la population qui fréquente l'Eglise... Ce n'est pas un scénario catastrophe mais bien la réalité ordinaire du diocèse de Moulins (Allier) qui vient de publier les résultats alarmants d'une enquête exceptionnelle réalisée les 1er et 2 octobre 2011 lors des 92 messes du diocèse.
Derrière cette démarche unique en France (seul le diocèse de Cambrai a également réclamé un audit mais selon des modalités différentes), la volonté de Mgr Pascal Roland, évêque de Moulins, confronté quotidiennement à la désaffection des églises de son territoire et à des problèmes financiers. " Il y avait des choses dont on avait l'intuition, précise le prêtre Michel Saint-Gérand, délégué épiscopal et chargé de la communication du diocèse. Nous ne bouclons plus notre exercice depuis déjà plusieurs années. Et ce qui se passe chez nous est à l'image de ce qui se passe dans le reste du département. Le renouvellement de l'église vit une rupture dans la transmission. C'est un défi qui interpelle !".
"Mis face à notre réalité"
Selon les résultats de cette enquête, 71% des fidèles sont des femmes, 60% ont plus de 60 ans et l'absence d'ordination des prêtres devrait conduire à une chute vertigineuse de leur nombre dans les années à venir (il ne serait bientôt plus qu'une quinzaine seulement). "Nous sommes mis face à notre réalité, poursuit de porte-parole du diocèse. Nous avons des capacités à nous redresser, notamment en fonctionnant autrement. Il faut aussi retourner au contact des populations."
Ainsi, dans les quartiers de Montluçon, le diocèse a déjà mis en place des "éveilleurs et animateurs de quartiers populaires". Un titre donné à des "catholiques pratiquants de base", chargés de prêcher la bonne parole et de reconquérir les fidèles égarés en leur proposant des cours d'alphabétisation, des animations de quartier, et autre une prise en charge des jeunes par les JOC.
Suite à cette consultation, l'évêque de Moulins a également demandé une équipe prospective "d'étudier toute sorte d'hypothèses et faire des propositions". Elle devra remettre ses conclusions en juillet. Celles-ci seront suivies d'un débat au sein du diocèse, "qui permettra de dégager des pistes de travail" sur du long terme. "Ca change l'eau du bain ! sourit le délégué épiscopal. C'est une bouffée d'air frais, même si on sait qu'on ne reviendra jamais en arrière".
Extraits de la lettre de Monseigneur Roland, Évêque de Moulins, lue aux fidèles du diocèse :
"Provoquer un renouveau radical"
"Les 1er et 2 octobre 2011, aux 92 messes du week-end, vous avez répondu massivement à un questionnaire portant sur les caractéristiques démographiques des fidèles du diocèse. (...)
Le 13 janvier 2012, les prêtres, les diacres et plusieurs conseils diocésains ont été informés dans le détail des résultats donnés ici de façon succincte (...) Nous manifestons une attitude responsable en regardant de manière précise ce qui serait susceptible d’arriver si nous poursuivions notre route de manière insouciante. La projection théorique qui a été décrite a pour but de nous faire réagir collectivement et de nous provoquer à un renouveau radical. Aussi, sans attendre, et devant le sérieux et l’urgence de la situation, j’ai décidé de constituer immédiatement une équipe chargée de me présenter le 1er juillet 2012 au plus tard différentes possibilités d’évolution pour le diocèse, en tenant compte des orientations déjà engagées (...).
Notre avenir n’est pas uniquement lié à des questions démographiques et économiques, mais il convient de les prendre en compte. Il y a maintenant des choix pastoraux à accentuer ou à opérer sans tarder (...) A l’automne, je choisirai et mettrai en oeuvre les recommandations qui me seront faites. Je sais que ces réformes seront difficiles et douloureuses. A mes yeux, elles sont la condition indispensable pour donner un avenir à la vie de notre diocèse. Je tenais à vous dire la vérité, compte tenu de ces analyses (...).
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