
C’est officiel depuis hier, l’arrêté inédit l'interdiction de circulation pour les poids lourds de plus de 7.5 T sur une partie des 5237 km du réseau départemental de l’Allier a été signé, hier, par le président du Conseil général de l'Allier, Jean-Paul Dufregne.
Cette décision exceptionnelle s’explique par « l’état catastrophique » des routes nationales dans l’Allier. La RN7 et la RCEA, des axes empruntés par de nombreux poids lourds, ne sont pas au niveau du trafic qu’elles supportent. Voilà pourquoi ces véhicules en transit empruntent régulièrement le réseau routier départemental.
« Malgré les interventions répétées des élus de l’Allier et des associations de riverains, l’Etat ne prévoit pas les moyens suffisants pour sécuriser ces axes pourtant fondamentaux pour le département, explique le président du conseil général. Dans le cadre de son programme de modernisation des itinéraires (PDMI) 2009-2014, il propose une enveloppe de 97 M € au département de l’Allier, ce qui est loin de répondre aux besoins les plus urgents, estimés à plus de 250 M€. A cause de ces choix, l’accidentologie va continuer d’endeuiller les routes bourbonnaises et le développement économique stagnera pendant encore de longues années».
"Un arrêté illégal et non applicable"
POurtant, cette mesure est déjà contestée par la préfecture de l'Allier. "Le Conseil général a souhaité prendre un arrêté restreignant , mais deux premières versions de cet arrêté ont recueilli de ma part un avis défavorable, pour non-conformité à la réglementation en vigueur, précise le préfet Pierre Monzani. Les services de l’Etat ont poursuivi des échanges avec le conseil général pour que les aspects légaux, de fonds et de forme, soient mieux pris en compte. Toutefois, le 8 mars, une nouvelle version de l’arrêté a été signée par le président du conseil général, sans avoir été soumis à mon avis préalable comme le prévoit la réglementation pour les routes à grande circulation. Cet arrêté n’a donc pas été pris selon la procédure légale et, par là-même, est illégal et non applicable".
De son côté, le département persiste et signe. selon lui, "cette mesure exceptionnelle prendra effet à partir du 15 mars".
Le 9 mars 2010