Régionales : docteur Fillon au chevet du malade Auvergne
L’UMP avait sorti l’artillerie lourde, lundi soir, à la Grande Halle d’Auvergne à Cournon (Puy-de-Dôme). Pour le dernier grand meeting régional d’avant premier tour, les ministres Alain Marleix, tête de liste UMP et Brice Hortefeux, candidat dans le Puy-de-Dôme, ont pu trouver, enfin, des renforts de poids dans cette campagne, à six jours du premier tour.
Devant une salle comble rassemblant quelque 2000 personnes, l’estrade comptait pas moins de quatre ministres réunis autour de François Fillon, le chef du gouvernement, avec à ses côtés Xavier Bertrand, Secrétaire général de l’UMP, Jean-Marie Bockel et Laurent Wauquiez, secrétaires d’Etat.
Tous sont venus pour tenter de « faire mentir les sondages et tordre le cou aux pessimistes », annoncent Brice Hortefeux, qui distribue au passage des cadeaux de la région à ses hôtes de marque. Un Saint-Nectaire pour Xavier Bertrand ou encore un billet de TGV fictif à François Fillon « pour la première liaison à Grande vitesse entre Paris et Clermont », promise pour mars 2020.
A son tour, Xavier Bertrand se met à rêver du grand soir en Auvergne : « il va y avoir des surprises dimanche, prédit-il. Les choses sont en train de bouger. Il y a eu un déclic que nous avons senti aussi en Alsace, où deux sondages récents nous donnent gagnant. En cette région où le rugby est roi, je crois beaucoup plus au grand Chelem de l’équipe de France qu’à celui de Martine Aubry ».
Les discours dénoncent « l’explosion de la fiscalité », le « recul de l’investissement », une « gestion calamiteuse » et surtout les divisions de la gauche. Parmi les grands thèmes de prédilection de l’UMP, « l’emploi figure au premier rang des priorités », la volonté de conserver une « industrie forte » et bien sûr la sécurité. « Nous demandons de la vidéosurveillance devant tous les lycées, les gares et les transports », annonce Xavier Bertrand.
François Fillon, lui, vient clore le bal. Dans un discours de quarante minutes, il dresse le bilan du président Sarkozy, « qu’il a l’honneur de servir », avec des « hommes de devoir » comme Alain Marleix ou le « pragmatique » Brice Hortefeux « toujours déterminé ». Le premier ministre insiste sur les résultats de la France, « meilleure élève de l’Union Européenne en matière économique » grâce au plan de relance. Fillon donne à son public tout ce qu’il veut entendre : la fiscalité, la politique d’immigration, la laïcité annonçant au passage son intention de légiférer au printemps contre le port du voile intégral. « Les sondages ne sont pas les urnes, conclut-il dans un dernier élan. Nous avons tout à conquérir ».
Le 9 mars 2010